Contre l'"amnésie coloniale"

Contre l'"amnésie coloniale"

Dans son récit familial transcontinental "Tabak und Schokolade", Martin R. Dean reconstruit les liens coloniaux de la Suisse à l'aide de différents médias de la mémoire
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Martin R. Dean
Buchcover Tabak und Schokolade

Martin R. Dean | Tabak und Schokolade | Atlantis | 224 pages | 22 EUR

Dans la nouvelle de Jorge Luis Borges Funes ou la mémoire (Fictio), un narrateur à la première personne se souvient, dans les années 1940, de ses rencontres avec Ireneo Funes, mort en 1889 à l'âge de 21 ans. Funes, paralysé depuis un accident, dispose d'une mémoire infaillible : il se souvenait de chaque détail, "connaissait parfaitement les formes des nuages du sud au lever du soleil du 30 avril 1882 et pouvait les comparer dans sa mémoire au grain d'un ruban de parchemin qu'il n'avait vu qu'une seule fois." (1)

Cette nouvelle a durablement influencé l'auteur suisse Martin R. Dean. Dès son premier roman, Les Jardins cachés, paru en 1982, Dean y fait référence en reprenant la phrase citée sur les nuages du 30 avril 1882. (2) Dans Monsieur Fume ( !) ou le bonheur d'oublier, (1998), il ressuscite le personnage en tant qu'obsessionnel de la description des nuages. Il donne une nouvelle variante de ce  motif dans Un morceau de ciel (2022), où l'ami du personnage principal est paralysé depuis un accident et hanté par un trop-plein de souvenirs. La nouvelle de Borges reste un point de référence dans l'œuvre récente de Dean - c'est ce que l'on constate en observant Funes ou la mémoire d'un point de vue postcolonial.

C'est vrai que l'histoire du Funes de Borges est d'abord conçue comme une allégorie sur l'écriture de l'histoire en général : avec le recul du temps, un narrateur évoque un personnage à la mémoire absolue et met au jour la tension entre la disponibilité totale de la mémoire et sa représentation toujours tardive, façonnée par le langage. Le problème fondamental de la narration historiographique est ainsi exposé : aucun souvenir n'est possible sans sélection, ni aucun récit, sans mise en forme. Jusqu'à présent, on n'a guère remarqué que cette allégorie s'inscrivait dans un contexte colonial. Funes est explicitement qualifié d'"indien" (3), il est situé dans une région périphérique et doté d'attributions exotisantes qui le privent de tout dimension concrète sur le plan historique et social : il est "comme Zarathoustra" (4), "plus vieux que l'Egypte" (5), "monumental comme l'airain". (6) En même temps, il est dépossédé de son pouvoir linguistique : "Je n'essaierai pas", déclare le narrateur, "de restituer ses paroles". (7) "Je préfère résumer fidèlement les nombreuses choses qu'Ireneo m'a dites". (8) Le texte de Borges montre donc aussi comment fonctionne l'historiographie coloniale. La souveraineté d'interprétation n'appartient qu'au "citadin" blanc, à l' "intellectuel" (9), qui reconstruit et façonne la mémoire pour le "jeune Indien". (10) Le colonisé devient une source, mais pas un sujet parlant. (11)

 

Buchcover Martin R. Dean Die verborgenen Gärten

 

Buchcover Martin R. Dean Monsieur Fume

 

Buchcover Martin R. Dean Ein Stück Himmel

 

Buchcover Martin R. Dean In den Echokammern des Fremden

Cet aspect soulève des problématiques qui préoccupent également Dean dans son récent recueil d'essais Dans les chambres d'écho de l'étranger (2025), à savoir : les mécanismes de stéréotypage, la mémoire sélective, le colonialisme. Dean décrit par exemple comment, en tant que fils d'une mère suisse et d'un père d'origine indienne issu de Trinidad et Tobago, il a été exposé dès l'enfance à des préjugés racistes dans son foyer du canton suisse d'Argovie et comment l'histoire de la branche familiale non suisse, sur laquelle on gardait le silence, était difficile à explorer. Cette difficulté peut - comme chez Borges - être lue de manière allégorique : dès que Dean se penche sur ses origines, il découvre "que sa petite histoire est liée à la grande histoire du colonialisme" (12). Le silence familial apparaît ainsi comme le symptôme d'une "amnésie coloniale" globale - un "oubli actif des liens entre l'histoire suisse et l'histoire coloniale". (13) Avec cette notion d' ''amnésie coloniale", Dean se rattache explicitement à la critique postcoloniale de la mémoire, dans le sillage de Stuart Hall et s'inscrit en même temps dans un champ de recherche (14) qui a considérablement gagné en dynamisme ces dernières années : l'historiographie récente a mis l'accent sur les "imbrications de la Suisse avec le colonialisme" (15), tant et si bien que Georg Kreis a pu présenter en 2023 un rapport de recherche de quelque 200 pages à ce sujet. (16)

Avant même que son travail de recherche historique ne prenne de l'ampleur, le travail de mémoire littéraire de Dean avait commencé - dans Le nœud de Guyana (1994) et dans Mes pères (2003), il suivait déjà les implications coloniales de l'histoire suisse. Son dernier roman Tabak und Schokolade (2024) s'y rattache également ; il est conçu comme un projet d'autofiction mémorielle et reste redevable à Funes ou la mémoire dans la mesure où la nouvelle de Borges - selon la fiction du narrateur de Fictions - s'inscrit au sein de ce qui est un recueil de souvenirs. Alors que le narrateur de Funes ou la mémoire ne peut compter que sur sa mémoire sujette aux erreurs, le protagoniste de Tabak und Schokolade accède à la mémoire par le biais de différentes autres mémoires. Trois d'entre elles seront suivies à titre d'exemple dans ce qui suit : Les photographies en tant que médias déclencheurs  de la mémoire, les aliments et les produits de luxe en tant qu'indices d'interdépendances néocoloniales et les corps humains en tant qu'archives de traumatismes transgénérationnels. Dans le roman, ils mettent tous en marche des processus de mémoire qui soustraient l'histoire coloniale à l'oubli.

Photographies

Le roman Tabak und Schokolade s'ouvre sur la mort de la mère du protagoniste. La biographie de ce dernier correspond en grande partie à celle de Dean. Né en 1955, il a passé les cinq premières années de sa vie à Trinidad, qui était alors encore "fermement tenue par les Britanniques" (17). Après que sa mère s'est séparée de son père, elle est retournée en Suisse avec son fils, où elle s'est remariée - à nouveau avec un homme des Caraïbes d'origine indienne.

Dès la cérémonie funéraire, le silence familial, contre lequel Dean s'insurge également dans ses essais, devient évident : dans le curriculum vitae de sa mère lu en public, il manque les "cinq années passées à Trinidad" - "Passés sous silence [...], mes débuts [...], comme si cela n'était jamais arrivé, écartés comme on coupe une scène indécente dans un film" (page 63). Ce qui est omis dans le bref parcours biographique maternel est toutefois conservé dans l'arrêt sur image de la photographie. Dans l'héritage légué par la mère, le narrateur tombe sur un album, une contre-archive privée, qui préserve et témoigne, comme un "certificat de présence" (18) de ce qui aurait sinon été effacé de la mémoire sociale et familiale : "Ce sont des images du monde englouti de mon enfance. Des tirages en noir et blanc de ma mère et de moi, [...] des plages tropicales, des palmiers, des Noirs qui rient". (page 14)

Ces photographies reproduites dans le roman déclenchent une recherche de traces, mise en scène narrativement comme une chasse au trésor - un jeu ironique avec les récits d'aventure coloniaux, dont Dean convoque et détourne sciemment les modèles. Mais les images ne ramènent pas seulement au "continent englouti" (ibid.) de son enfance ; elles ouvrent en même temps le regard sur des contextes historiques coloniaux refoulés.

Dean, Tabak und Schokolade, Seite 17
Dean, Tabak und Schokolade, page 17

Une photo, par exemple, montre le narrateur enfant parmi les ouvriers d'une plantation de cacao (page 17) où sa mère travaillait comme secrétaire. Cette scène qui revêt prima vista une apparence familiale et idyllique renvoie en réalité à l'économie  de plantation capitaliste de Trinidad qui sera, dans la suite du récit,  rattachée à ses structures coloniales par leur origine et par leur mode d'exploitation. Ce rapprochement amorcera des réflexions sur l'histoire de l'esclavage et du travail forcé, qui ont contribué à la prospérité européenne jusqu'à nos jours.

Un autre plan montre Irène, l'employée noire qui garde le protagoniste en bas âge (page 20), et renvoie d'abord aux hiérarchies sociales et raciales de Trinidad. Dans le souvenir du narrateur, ces hiérarchisations reviennent plus tard en Suisse, lorsqu'il décrit son village d'enfance comme "blanc" (page 38 ; souligné dans l'original) et comprend rétrospectivement pourquoi sa propre appartenance, affirmée avec insistance par sa mère - "Tu es un garçon suisse, tu entends !" (page 25) - est restée socialement fragile. La photographie crée ainsi quasiment un espace de résonance transrégional. Elle rappelle que les démarcations qui étaient structurelles à Trinidad se sont poursuivies au quotidien en Suisse.

Dean, Tabak und Schokolade, Seite 20
Dean, Tabak und Schokolade, page 20

Sur le plan de la poétique, ce procédé, à savoir utiliser des photographies pour initierune reconstruction narrative de l'histoire refoulée, peut être tout d'abord rapproché de la pratique par Saidiya Hartman de l'"affabulation critique (critical fabulation)" (19). Dans Wayward Lives, Beautiful Experiments (2019), Hartmann prend notamment pour point de départ des photographies de femmes noires des années 1900 afin de récupérer leurs voix effacées dans la fiction. D'autre part, Dean se rattache à W. G. Sebald, dans l'œuvre duquel les photographies reproduites oscillent entre l'expérience autobiographique et une "signature d'époque  supra-individuelle" (20). Le fait que Tabak und Schokolade soit précédé d'une épigraphe tirée du roman de Sebald, Austerlitz (cf. 5) indique qu'ici aussi, une histoire personnelle de la recherche de soi s'entrecroise avec une histoire de violence plus vaste, chargée d'histoire.

Aliments et produits de luxe

Avant même que les photographies n'entrent en ligne de compte dans le roman, le titre ainsi que la couverture évoquent déjà deux traces de souvenirs : le tabac et le chocolat. Par leur goût et leur odeur, le narrateur se souvient du "biberon" (page 18 ; souligné par l'auteur) de son enfance ou de l'odeur de la maison de ses grands-parents (cf. page 147) - un effet qui correspond au lien particulier entre les stimuli olfactifs et gustatifs et la mémoire épisodique (21). Parallèlement, le tabac et le chocolat représentent des marchandises dont la circulation globale s'inscrit dans des rapports économiques et commerciaux coloniaux. Dans le roman, ils relient différents fils de l'histoire familiale : le tabac des Caraïbes mène en Argovie, où les grands-parents étaient employés dans la production de cigares chez Weber & Söhne ou Villiger ; le chocolat suisse à Trinidad et à la plantation de cacao où travaillait la mère.

Le tabac et le chocolat n'apparaissent donc pas comme des biens de consommation dépolitisés, mais comme des produits historiquement situés, qui illustrent de manière paradigmatique les liens coloniaux : "Le colonialisme passe par la bouche et l'estomac" (page 173). En conséquence, d'autres aliments apparaissent dans le roman - ananas, bananes, dattes, oranges, citrons (cf. page 183 et suivantes), thé (cf. page 121), ou sucre (cf. page 118) - dont les routes commerciales s'étendent sur des continents et des siècles. Il en résulte une conscience cartographique : Chacune de ces marchandises fonctionne comme un indice des circulations mondiales, dans lesquelles la mémoire familiale et l'histoire coloniale s'enchevêtrent - tout comme dans les photographies.

Cet enchevêtrement apparaît de manière particulièrement claire dans l'exemple de la pomme de terre (cf. page 145). Le roman retrace l'histoire de sa migration depuis les hauts plateaux andins jusqu'en Europe en passant par les colonies espagnoles - une histoire dans laquelle le tubercule a à la fois soulagé la faim et déclenché des mouvements migratoires en temps de crise. Dans l'histoire familiale du narrateur, la maladie de la pomme de terre dans l'Emmental vers 1850 conduit l'arrière-grand-père suisse à émigrer à Rügen. La fille de ce dernier revient plus tard en Suisse lorsque les conditions de vie se détériorent à Rügen.

En bref, le roman montre comment les implications coloniales peuvent être lues dans les produits du quotidien. Dean s'inscrit ainsi dans une série de textes des dernières décennies qui mettent en avant les marchandises coloniales en tant que médias de la mémoire - souvent dès le titre -, un phénomène qui, à ma connaissance, n'a pas encore été étudié de manière systématique. On peut citer par exemple Soie d'Alessandro Baricco (1991), L'odeur du café de Dany Laferrière (1991),  La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni (1996), Fruit of the lemon (1999) d'Andrea Levy, Sucre, journal d'une recherche (2020) de Dorothee Elmiger ou The Nutmeg's corse (2021) d'Amitav Ghosh.

Corps (22)

Quand l'histoire coloniale se dépose dans les aliments et les boissons, elle s'incorpore littéralement dans la nourriture. Le roman montre toutefois que cette même histoire est également transmise sous forme de famine. Dans une scène-clé, le protagoniste parle avec ses proches trinidadiens de la traversée de son arrière-arrière-grand-père de l'Inde à Trinidad en 1876. Après avoir évoqué les conditions précaires sur les anciens navires négriers - devenus entre-temps des moyens de transport pour les travailleurs sous contrat -, la famille mange "avec l'appétit des survivants" : "Et quand nous étions rassasiés depuis longtemps, nous continuions à manger, de la glace à la noix de coco, de la glace à la mangue, de la glace au chocolat, pour être sûrs d'avoir survécu à Kaala Pani [la traversée de la mer], une fois pour toutes". (page 121 ; souligné par l'auteur)

Manger au-delà du point de satiété agit comme une auto-assurance physique ; comme s'l y avait là un moyen d'apaiser la mémoire déficiente héritée du passé. Ailleurs, le narrateur spécule que le "drame" des "temps de famine" de sa grand-mère - "qui mangeait des semelles de chaussures cuites pendant la guerre" - s'est répercuté sur lui (page 44). La faim n'apparaît plus ici seulement comme un état physiologique, mais comme une expérience transgénérationnelle qui se perpétue comme sensation, comme comportement et comme connaissance du corps. Il en va de même pour l'expérience du déracinement : le désarroi de l'aïeul pendant la traversée a, selon le narrateur, laissé dans son "corps" (page 114) une envie de changer de lieu qui durera toute sa vie.

Tabak und Schokolade reprend ainsi une thèse débattue au sein de la recherche sur les traumatismes et l'épigénétique, à savoir que les expériences d'une génération peuvent se prolonger physiquement et psychiquement chez les descendants - et que, comme le formule le psychologue Brian Koehler, "l'acquis (the nurture) d'une génération" peut devenir la "nature" (the nature) des générations suivantes". (23) Cette idée trouve une incarnation littérale au moment oùle narrateur décrit ses origines indiennes comme étant "profondément ancrées dans ses os" (page 87), 

Des traces du passé relevant des archives peuvent également apparaître dans le phénotype - par exemple dans les ressemblances extérieures entre le narrateur et ses proches. Lorsque le narrateur voit sa tante April pour la première fois, il est surpris de "voir [son] visage reflété dans les traits de cette femme de quatre-vingt-huit ans" (page 92). De plus, la peau devient le support de la violence historique : sa "couleur" (page 43) est lue socialement et évoque l'histoire de la dévalorisation coloniale et raciste. Le roman l'illustre par exemple dans une scène où le protagoniste, enfant, se fait insulter par un camarade de classe avec le mot "N", juste après avoir introduit une pièce de monnaie dans une figurine "Nickn*" à l'école du dimanche - un moment qui fait monter en lui une "chaleur qui menace de le brûler" (page 24). Dans cette expérience, le narrateur perd son appartenance indistincte, comme Frantz Fanon l'a décrit dans Peau noire, masques blancs : sous le regard colonial, le "schéma corporel" se désagrège pour laisser place à un "schéma épidermique" de nature raciale - le corps est réduit à sa peau, à un signe distinctif racialisé (24).

Le motif de la brûlure, auquel la scène de l'enfance fait appel, nous oriente dans deux directions. D'une part, il nous ramène au début du roman, à ce moment où le père ivre, à Trinidad - juste avant que la mère ne le fuie - tente, sans y parvenir, d'écraser sa cigarette sur la peau du petit garçon (cf. page 7). Ainsi, aucune cicatrice ne se forme et il ne reste aucune trace durable pour étayer le souvenir. D'autre part, le motif de la brûlure renvoie à la vie de l'écrivain Edgar Mittelholzer - un Guyanais d'origine suisse - qui, après des années de dévalorisation de soi pour des raisons raciales - on pourrait dire, avec Fanon, après une "épidermisation" complète (25) - s'asperge d'essence et s'immole par le feu.

Le narrateur a été mis au courant de l'épisode de la cigarette à travers les souvenirs de sa mère ; c'est l'un des rares éléments qu'elle lui raconte sur son père. Pour ce qui est de Mittelholzer, c'est une libraire qui le met sur sa piste, lui faisant découvrir son oeuvre littéraire et l'histoire de sa vie, sachant que Mittelholzer avait des ancêtres originaires d'Appenzell (voir pages 130-132). Cette histoire  - et la manière dont elle a été transmise - permette d'entrevoir que, dans le roman, la mémoire joue le rôle d'un réseau de transmission. Elle circule entre la tradition orale, la création littéraire et artistique, le savoir historiographique et les supports matériels. De cette manière, l'historiographie, l'histoire orale (oral history) et la littérature forment, avec les traces matérielles et affectives que le roman évoque - corps, photographies, marchandises coloniales et aussi, comme on pourrait le montrer si l'espace s'y prêtait, films, musiques, des noms, meubles ou encore sentiments de honte - une archive polyphonique que seule l'acte de raconter réunit en un réseau dense. En exposant ce processus et en le mettant au centre de sa thématique, le roman de Dean renvoie également en ce sens au Funes ou la mémoire de Borges, où le souvenir lui-même devient le motif même et la véritable raison de la narration.

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(1) Jorge Luis Borges, Funes, el memorioso », in, Ficciones, Madrid, Alianza, 1974, p. 123-136, 

(2) Cf. Martin R. Dean, Les jardins secrets, Gallimard, Collection "Du monde entier", trad. Claude Porcell, 1985.

(3) Borges, Funes ou la mémoire, p. 95.

(4) Borges, Funes ou la mémoire, p. 95.

(5) Borges, Funes ou la mémoire, p. 103.

(6) Borges, Funes ou la mémoire,, p. 103. The Construction of Disability in Borges’ Funes, His Memory, Criterion. A Journal of Literary Criticism, vol. 16, n° 1, 2023, p. 13-27, ici p. 21-23.

(7) Borges, Funes ou la mémoire, p. 99

(8) Borges, Funes ou la mémoire, p. 99.

(9) Borges, Funes ou la mémoire,, p. 179

(10) Dean, Les jardins cachés, p. 85.

(11) Cf. Walter D. Mignolo, Local Histories / Global Designs. Coloniality, Subaltern Knowledges, and Border Thinking, Princeton, Princeton University Press, 2000, p. 91-214.

(12) Martin R. Dean, In den Echokammern des Fremden, Zurich, Atlantis, 2025, p. 75

(13) Ibid., p. 86.

(14) Cf. Stuart Hall, Die Frage des Multikulturalismus », in Ideologie, Identität, Repräsentation, éd. par Juha Koivisto et Andreas Merkens, Hambourg, Argument, 2004, p. 188-227..

(15) Patricia Purtschert et Harald Fischer-Tiné, Introduction. The End of Innocence. Debating Colonialism in Switzerland, in Colonial Switzerland. Rethinking Colonialism from the Margins, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2015, p. 1-26, ici p. 4.

(16) Georg Kreis, Blicke auf die koloniale Schweiz. Ein Forschungsbericht, Zurich, Chronos, 2023. Du 13 septembre 2024 au 19 janvier 2025, le Musée national suisse a également présenté l'exposition « kolonial – Les liens mondiaux de la Suisse"). Cf. Musée national suisse (éd.), kolonial. Globale Verflechtungen der Schweiz, Zurich, 2024 (dernière consultation : 25/11/2025).

(17) Martin R. Dean, Tabak und Schokolade, Zurich, Atlantis, 2024, p. 9. Cité ci-après dans le texte entre parenthèses.

(18) Cf. Roland Barthes, La chambre claire. Note sur la photographie, Paris, Gallimard, 1980, p. 135. La référence à Barthes s'impose d'autant plus que Barthes commence ses réflexions, dans la deuxième partie de la Note... – tout comme Dean son roman –, par la mort de la mère ; remarque aimablement fournie par Cornelia Pierstorff, Zurich.

(19) Saidya Hartman, Venus in Two Acts, Small Axe vol. 12, n° 2, 2008, p. 1-14, ici p. 11.

(20) Silke Horstkott, Photographie / Photographieren , in Claudia Öhlschläger et Michael Niehaus (éd.), W. G. Sebald-Handbuch. Leben – Werk – Wirkung, Stuttgart, Metzler, 2017, p. 166-174, ici p. 167.

(21) Cf. Rachel Sarah Herz, « The Role of Odor-Evoked Memory in Psychological and Physiological Health », Brain Sciences vol. 6, n° 3, 2016 (dernière consultation : 25/11/2025).

(22) Je remercie Alexander Bratschi, Berne, pour ses précieuses remarques sur ce chapitre.

(23) Cité d'après Jil Salberg et Sue Grand, Transgenerational Trauma. A Contemporary Introduction, Abingdon, Routledge, 2024, p. 34.

(24) Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Paris, Éditions du Seuil, 1952, p. 90.

(25) Ibid., p. 8.